La méthode
La méthode de Gribou et ses sources
Chaque choix de Gribou part d’une étude publiée. Voici lesquelles, ce qu’elles ont vraiment mesuré, et sur qui. Gribou lui-même n’a fait l’objet d’aucune étude : il s’inspire de ces travaux, il ne les remplace pas.
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La dyslexie ne s’arrête pas à 18 ans
Une méta-analyse de 52 études conclut que les difficultés de lecture, et les difficultés cognitives qui vont avec, persistent à l’âge adulte (Swanson et Hsieh, 2009).
Une autre, qui réunit 178 études, montre que chez l’adulte ces difficultés restent plus marquées sur la vitesse que sur la précision (Reis et al., 2020).
Dans Gribou · C’est pourquoi Gribou entraîne aussi la vitesse de lecture, avec un exercice qui lui est consacré : la lecture rapide.
Sources : Swanson et Hsieh, 2009 · Reis et al., 2020
On progresse encore à l’âge adulte
Une revue de 8 études conclut qu’un entraînement à la lecture peut produire des progrès significatifs chez l’adulte dyslexique (Vender, Melloni et Delfitto, 2022). Ces 8 études portent sur l’anglais et l’hébreu : aucune sur le français.
L’étude qui sert de modèle à Gribou a proposé à 24 adultes dyslexiques italiens, âgés de 16 à 30 ans, 8 semaines d’entraînement sur une application web : 3 séances de 15 à 20 minutes par semaine. Elle a mesuré des progrès en lecture de mots et de texte, en orthographe et en vitesse de traitement phonologique, et aucun effet sur la compréhension de texte (Vender et Delfitto, 2025).
Ses auteurs en donnent eux-mêmes les limites : 20 participants sont allés au bout, les groupes ont été formés par ordre d’inscription, et le groupe de comparaison ne suivait aucun entraînement.
Sources : Vender, Melloni et Delfitto, 2022 · Vender et Delfitto, 2025
La lecture rapide
C’est l’exercice principal de l’étude de Vender et Delfitto : la moitié des exercices de chaque séance, avec un affichage de 1 200 à 100 millisecondes selon la longueur et la difficulté du mot (Vender et Delfitto, 2025).
Chez des étudiants dyslexiques lisant l’hébreu, 24 séances d’un entraînement qui raccourcit peu à peu le temps de lecture ont amélioré la vitesse et la compréhension, avec des gains encore présents 6 mois plus tard ; le même entraînement sans contrainte de temps n’a rien donné (Breznitz et al., 2013).
Dans Gribou · Dans Gribou, le mot s’affiche, s’efface, et tu le retapes. Le temps d’affichage va de 1 200 à 100 millisecondes : il descend quand tu réussis, remonte quand tu rates, et se règle de lui-même autour de 80 % de réussite.
Sources : Vender et Delfitto, 2025 · Breznitz et al., 2013
Les morceaux de sens
Chez 20 étudiants dyslexiques français, les difficultés phonologiques persistent, mais les connaissances morphologiques sont préservées ; les auteurs suggèrent qu’elles peuvent aider à compenser en lecture (Cavalli et al., 2017).
Chez 44 étudiants dyslexiques francophones, la conscience morphologique atteint presque le niveau des étudiants du même âge, alors que la conscience phonologique reste au niveau d’enfants qui lisent aussi bien qu’eux (Martin, Frauenfelder et Colé, 2014).
L’étude de Vender et Delfitto fait elle aussi découper les mots en racines et en suffixes, à partir de la 6e séance (Vender et Delfitto, 2025).
Dans Gribou · Dès le deuxième monde, Gribou demande sur quel mot un mot est construit : « chanteur » vient de « chanter ».
Sources : Cavalli et al., 2017 · Martin, Frauenfelder et Colé, 2014 · Vender et Delfitto, 2025
Passer au palier suivant
Dans l’étude de référence, on passe au niveau suivant au-delà de 80 % de réussite (Vender et Delfitto, 2025).
Dans Gribou · Gribou reprend ce seuil de 80 % pour le premier palier de chaque leçon, puis le relève de 2 points par palier, jusqu’à 88 % au cinquième, sur au moins 12 réponses.
Sources : Vender et Delfitto, 2025
L’espacement des lettres, pas les polices « dys »
Chez 74 enfants dyslexiques italiens et français, un espacement plus large entre les lettres a amélioré la lecture de texte, sans entraînement (Zorzi et al., 2012). L’interprétation de cet effet a été discutée (Skottun et Skoyles, 2012).
Chez 24 étudiants dyslexiques britanniques, un très large espacement a aussi amélioré la précision de lecture (Sjoblom, Eaton et Stagg, 2016).
Les polices dites « dys », elles, n’ont pas montré d’effet : ni chez 12 élèves dyslexiques américains avec OpenDyslexic (Wery et Diliberto, 2017), ni dans une méta-analyse de 15 études portant sur 688 enfants dyslexiques (Azzarello et al., 2026).
Dans Gribou · Gribou augmente donc l’espacement des lettres par défaut, et tu peux le régler. Il ne présente aucune police comme un traitement.
Sources : Zorzi et al., 2012 · Skottun et Skoyles, 2012 · Sjoblom, Eaton et Stagg, 2016 · Wery et Diliberto, 2017 · Azzarello et al., 2026
Ce que ces études ne disent pas
Plusieurs de ces études portent sur l’italien, l’anglais ou l’hébreu, ou sur des enfants. Nous le précisons à chaque fois : le français ne s’écrit pas comme l’italien, et un adulte n’est pas un enfant.
Gribou lui-même n’a fait l’objet d’aucune étude d’efficacité.
Aucune de ces études ne permet de promettre un progrès en compréhension de texte, et Gribou ne le promet pas.
Gribou n’est pas un dispositif médical : il ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un suivi orthophonique.
Sources
- Swanson et Hsieh (2009). « Reading Disabilities in Adults: A Selective Meta-Analysis of the Literature ». Review of Educational Research, 79(4), 1362-1390. doi.org/10.3102/0034654309350931
- Reis, Araújo, Morais et Faísca (2020). « Reading and reading-related skills in adults with dyslexia from different orthographic systems: a review and meta-analysis ». Annals of Dyslexia, 70(3), 339-368. doi.org/10.1007/s11881-020-00205-x
- Vender, Melloni et Delfitto (2022). « The effectiveness of reading intervention in adults with developmental dyslexia: A systematic review ». Italian Journal of Linguistics, 34(1), 189-232. www.italian-journal-linguistics.com/app/uploads/2022/09/8-Vender-Melloni-Delfitto.pdf — accès libre
- Vender et Delfitto (2025). « Bridging the Gap in Adult Dyslexia Research: Assessing the Efficacy of a Linguistic Intervention on Literacy Skills ». Annals of Dyslexia, 75(1), 42-70. doi.org/10.1007/s11881-024-00314-x — accès libre
- Breznitz, Shaul, Horowitz-Kraus, Sela, Nevat et Karni (2013). « Enhanced reading by training with imposed time constraint in typical and dyslexic adults ». Nature Communications, 4, 1486. doi.org/10.1038/ncomms2488 — accès libre
- Cavalli, Duncan, Elbro, El Ahmadi et Colé (2017). « Phonemic–Morphemic dissociation in university students with dyslexia: an index of reading compensation? ». Annals of Dyslexia, 67(1), 63-84. doi.org/10.1007/s11881-016-0138-y
- Martin, Frauenfelder et Colé (2014). « Morphological awareness in dyslexic university students ». Applied Psycholinguistics, 35(6), 1213-1233. doi.org/10.1017/S0142716413000167
- Zorzi, Barbiero, Facoetti, Lonciari, Carrozzi, Montico, Bravar, George, Pech-Georgel et Ziegler (2012). « Extra-large letter spacing improves reading in dyslexia ». PNAS, 109(28), 11455-11459. doi.org/10.1073/pnas.1205566109 — accès libre
- Skottun et Skoyles (2012). « Interletter spacing and dyslexia ». PNAS, 109(44), E2958. doi.org/10.1073/pnas.1212877109 — accès libre
- Sjoblom, Eaton et Stagg (2016). « The effects of letter spacing and coloured overlays on reading speed and accuracy in adult dyslexia ». British Journal of Educational Psychology, 86(4), 630-639. doi.org/10.1111/bjep.12127
- Wery et Diliberto (2017). « The effect of a specialized dyslexia font, OpenDyslexic, on reading rate and accuracy ». Annals of Dyslexia, 67(2), 114-127. doi.org/10.1007/s11881-016-0127-1 — accès libre
- Azzarello, Paek, Hodge, Jameson et Lewis (2026). « Does font improve reading in dyslexic children?: meta-analysis of dyslexia-friendly fonts and dyslexic children’s reading performance ». Annals of Dyslexia, en ligne le 31 juillet 2026. doi.org/10.1007/s11881-026-00389-8
- Pour aller plus loin, en français : Colé, Cavalli et Duncan (dir.) (2020). « La dyslexie à l’âge adulte : approche neuropsychologique ». De Boeck Supérieur, 368 pages. doi.org/10.3917/dbu.kern.2020.01